samedi 28
Enfin le week-end. Malgré toutes les contre-indications que
nos voisins nous ont données, nous décidons d’aller par nous même, et
« juste » à deux au temple de Waterloo.
8H30, on se rejoint dans la cuisine pour le petit dej. C’est
dur, on n’est pas encore réveillées, et le temps dehors est très gris, voir
pluvieux. Mais c’est trop tard pour changer d’avis. La veille on a passé une
demi-heure à expliquer aux voisins qu’on voulait vraiment y aller, alors on se
doit d’y aller, même sous la pluie. Mais c’était sans compter sur le dieu de
Trinidad qui veille sur nous. On pointe à peine notre nez dehors qu’il ne pleut
plus. Juste un ciel couvert qui nous permet de faire attention à nos coups de
soleil. On lui dit merci.
Notre première mission pour aller jusqu’au temple est
d’arriver à la station de taxi. Ce n’est quand même pas à coté. Nous voilà sur
place. On interroge un taxi pour savoir s’il va à Chaguanas (vous pensez
vraiment qu’un seul moyen de transport est nécessaire pour aller là où on
veut), notre premier arrêt, et il nous montre du doigt l’un de ces collègues
qui peut nous accueillir. C’est parti, même plus peur des taxis. En plus il
prend 2 autres passagères, alors ça rassure un peu.
Alors que nous sommes sur ce qui ressemble le plus à une
autoroute, la première demande au chauffeur de s’arrêter là. Il s’exécute, sans
broncher. Mais le plus surprenant est qu’elle lui annonce qu’elle n’a pas de
quoi payer, et qu’elle lui donnera plus tard. Il est d’accord, on repart. Nous,
on reste perplexes. On se demande comment elle va faire pour le retrouver parmi
cette masse de taxi. Mais on leur fait confiance, ça doit être un truc qui se
fait dans le coin.
Arrivé à Chaguanas, on demande au chauffeur où se trouve
l’arrêt pour se rendre à Waterloo. Après lui avoir fait répéter et lui avoir
demandé d’éteindre sa musique, nous voyons à peu près le chemin qu’il faut
emprunter. Une fois devant la ligne des taxis, on s’adresse au premier sur la
file. Il nous dit que son taxi ne va pas à Waterloo, et qu’il semblerait que
les autres non plus. Nous sommes quelques peut désappointées. Mais ça ne dure
pas longtemps. Un type en face de la rue nous a entendus, il nous propose d’y
aller en Maxi. Même pas la peine qu’on dise quoi que ce soit, il est déjà en train
de s’arranger avec le chauffeur. Il est bien gentil (en plus de mesurer 2m de
haut), mais nous on veut des détails : « il va où se Maxi ? Et
c’est combien ? Et on va pouvoir faire chemin inverse après ? ».
Entre deux réponses, il interpelle un taxi (ou juste la voiture d’un pote) et
lui demande s’il peut nous emmener. Seulement, le « pote » il
réclame 40TT$. Un peu trop cher, donc on se rabat sur le Maxi. Notre nouvel ami semble voir sur nos visages
une expression qui peut vouloir dire « euh… t’es sûr qu’on va arriver là
où on veut ?? ». Il nous rassure comme il peut, fait un signe de
croix sur son cœur en nous disant « je vous le jure, faite moi
confiance ». On n’a pas vraiment le choix, hop dans le Maxi !
Durant le trajet, un phénomène de comédie musicale à presque
faillit se produire. Explications. Alors que la radio était à fond dans le
Maxi, une chanson très rythmée se met à résonner dans nos oreilles. Là un type
devant Jennifer commence à chanter, un second à droite d’Anaïs aussi, mais
également à danser sur place. Et aussi un autre juste derrière Anaïs qui chante
encore plus fort que les 2 autres. Hélas, personne d’autre s’est mis à chanter,
ni à danser, ni à se mettre debout dans le Maxi. Pourtant c’était juste à deux
doigts…
On arrive à l’arrêt de Maxi, notre nouvel ami descend et
nous invite à faire de même. Anaïs lui tend les 4TT$, mais il ne les donne pas
au chauffeur, il les garde pour lui. Vraiment curieux ce pays !
Pas besoin d’attendre trop longtemps, à peine étions nous
descendu du Maxi qu’un taxi vient nous voir pour nous demander où on va.
Waterloo. Ok, montez !
Nous voilà dans notre dernière correspondance, le trajet
vers la mer se fait sans encombre. Sur le chemin on croise une statue géante.
C’est la statue du deuxième temple indou à Waterloo. On se dit qu’il faut y
aller. Mais en rentrant.
Arrivé à Waterloo. Première constatation, c’est vachement
désertique comme coin touristique. Malgré tout, ça à l’air joli. En avant
« to take pictures !!! ».
Dans l'allée qui mène au temple, on croise le chemin d'une statue derrière les barreau avec à sa droite une pancarte qui mentionne "no milk on Shiva". Qu'ils se rassurent, on a oublié le lait ce jour là.
C’est assez impressionnant de penser que ce temple a été
construit seulement par un type. Pour la petite histoire, il était une fois un
homme qui décida de construire un temple pour la gloire de Shivah. Cet homme s’appelait Sewdass Sahdu.
Cinq après avoir terminé de construire son temple, le
gouvernement, qui fit l’acquisition des terres, le détruisit et envoya Sewdass
en prison pour 14 jours pour avoir construit illégalement son temple. Ce
dernier ne se découragea pas. Il décida alors de construire son temple sur
l’eau, là où il n’y a pas besoin de permis. Il mit 25 ans à le construire seul,
en transportant les matériaux seulement à vélo.
A présent, ce temple s’appelle le « Carapichaima
Waterloo Temple in the Sea » et il fait parti du patrimoine du pays.
Voilà pour la leçon d’histoire. Nous pendant ce temps on
rencontre un groupe de touriste et leur guide. Le père de la famille de
touriste nous demande d’où nous venons. De France ? Mais il parle français
dit donc ! En fait, ils viennent du Venezuela et lui il vient d’Haïti,
voilà pourquoi il parle français. On discute un peu avec eux. Des fois on ne
comprend pas trop le guide, alors la fille (qui parle espagnol et anglais),
traduit à son père, qui nous traduit en français. Si c’est pas la classe ?
Pendant que la famille fait le tour du temple, le guide fait
un peu sa pub et nous explique que c’est quand même mieux d’être avec un guide,
on peut voir beaucoup de chose. Mais bon, on comprend vite que c’est pas donné
non plus (90$ US pour faire ce qu’il font), on repassera, c’est promit. Il nous
donne sa carte, on leur souhaite bon voyage. En route pour reprendre le taxi.
Même pas besoin de se donner la peine de marcher jusqu’au
croisement de la rue que nous avait indiqué l’ancien taxi, on marche, et une
voiture s’arrête à notre niveau. Il nous demande où on va. Chaguanas bien
sûr. Ok monter. Nous on veut bien, mais
on pose toutes nos questions en premier (prix, etc). On veut aussi savoir si c’est
possible de bifurquer au deuxième temple voir la « Statue of monkey-god Hanuman » ?
Il ne dit rien, on se dit qu’il est d’accord. Ce dernier taxi à quand même
l’air louche. Rien dans la voiture ne laisse supposer que s’en est un. Mais on
si dit que du moment qu’il ne verrouille pas les portes de la voiture, tout va
bien.
De loin on voit la grande statue. Chouette, il pense à faire
le détour pour nous. Sur place nous retrouvons nos touristes du temple sur
l’eau. Trop prévisibles les touristes !
On n’a pas beaucoup de temps, le taxi nous attend après
tout. On prend quelques photos.
Anaïs a aussi la bonne idée de « prendre les
fesses » de la statue.
Notre mission à Waterloo est terminée. On retourne dans le
taxi louche. Sur la route pour Chaguanas, le chauffeur décide brusquement de
verrouiller les portes de la voiture. On se dit que ça veut surement rien dire,
après tout nous ne sommes pas les seules dans le taxi. Dans le doute, on met au
point une stratégie. Anaïs se chargera de neutraliser le chauffeur tandis que Jennifer
conduira la voiture.
On n’a pas eu besoin d’en arriver là heureusement. Une
faille temporelle et spatiale s’est encore produite. Nous voilà à Chaguanas.
Juste le temps de manger (Il est que 12H30 !!) et
d’essayer une robe, et retour à Curepe…
Une sieste plus tard, En route pour Valpark Mall avec Helen
et Ravi. Ils nous accompagnent acheter des souvenirs. Il parait qu’il y a une
très belle boutique de souvenir là bas. Oui il parait. Car ça fait 2 ans qu’ils
ne sont pas venus, depuis la boutique a eu le temps de déménager. Nous faisons
quand même le tour du centre commercial. Les fringues sont sympa, allons
essayer !
Quelques essayages plus tard, nous succombons à la fièvre
acheteuse. Helen veut faire de même, mais elle hésite longuement sur le haut
qu’elle souhaite s’acheter. Même nos « oui il vous va bien ! oui vous
devriez l’acheter ! oui il est fait pour vous ! » n’y font rien.
Helen repart bredouille, vexée de ne rien avoir trouvé qui lui convienne.
Pendant notre shopping, nous croisons le chemin de la plus
belle robe jamais vue ! Seulement le prix sur l’étiquette semble erroné.
3559, 99 TT$. Donc c'est-à-dire plus de 300€ pour une robe. Elle est très
belle, elle est même unique nous dit-on. Mais elle reste encore trop chère pour
nos petites bourses. On lance donc un appel. A tout ceux qui nous aiment et/ou
qui souhaitent nous voir dedans, envoyez nous un chèque, ça nous fera très
plaisir, sachez le.
Naïvement, après on pense rentrer à la maison. Non non.
Direction inconnue. Nous, en moutons que nous sommes, on ne pose pas de
question, on reste sagement assises à l’arrière de la voiture.
On s’enfonce de plus en plus dans la brousse, jusqu’à
arriver dans un terrain boueux où il est possible que quelqu’un doive pousser
la voiture si cette dernière s’enfonce trop dans la gadoue. Heureusement nous
n’en arrivons pas à cette éventualité. Finalement, nous débarquons dans un coin
paumé où Ravi sort de la voiture et va donner un petit paquet noir à une jeune
fille. A l’heure où nous écrivons, nous ne savons toujours pas s’il s’agissait
de drogue, restons sur nos gardes. D’autant plus que le voyage n’est pas
terminé. Nous continuons à nous promener dans les petits chemins cahoteux pour
rejoindre une deuxième maison. Cette fois ils nous disent de descendre. Nous
nous exécutons.
Nous faisons la rencontre d’un ami de Ravi et de toute sa
famille. Car rappelons le, ici toute une famille vie forcément sous le même
toit. Ils sont très gentils, posent 2 3 questions à notre sujet. Le liming peut
commencer.
Pour la centième fois de la journée, Helen se plein de sa
fille trop lunatique, de sa taille trop large, et de son fils trop célibataire.
Pendant ce temps, Ravi et son ami Moustache (en fait c’est Moustak, mais c’est
moins drôle) regarde un IPhone. Ravi va alors voir Jennifer, tout content de
lui montrer ce bijoux de technologie, « You have already see an
IPhone ? », Jennifer se contente de répondre par l’affirmative. Ravi semble déçu...
Ils ont un jeu très marrant, celui de choisir laquelle de
nous deux ils préfèrent. D’entree, la grand-mère flash sur Jennifer (en plus
elle a le même nom que Jennifer Lopez). Après discussion entre nous, on se dit
que c’est surement dû à son visage tout rouge. Nous nous rappelons encore
d’Helen disant à Jennifer qu’elle est très belle avec son coup de soleil !
Après ça il force la petite fille à choisir laquelle de nous
deux elle préfère. Le choix semble dur. A notre avis, elle n’aime ni l’une ni
l’autre.
Il semblerait qu’il soit l’heure de partir. Nous, comme
d’hab, on suit. Avant de partir, Moustache donne un grand sac blanc à Helen.
Ah ! Encore de la drogue !! Ah non, juste des mangues…
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