Dimanche. 5h30. Pourquoi on a décidé de faire cette rando? Le tête dans
notre verre de lait, nous tentons difficilement d'émerger.
Le
rendez-vous est à 6h30 à la fac. Vérification des sacs ( est-ce qu'on a
pris assez de bouffe?) et hop c'est parti. Bizarrement les voisins
dorment encore. A 6h25, il y a quand même quelques personnes de
levées: ceux qui arrosent leur pelouse!
Nous arrivons au point de rdv quasiment en même temps que les frenchies. Si c'est pas du timing?? Mais où est le maxi? Il y a bien un maxi à bande verte qui attend, mais il semble déjà bien plein et on dirait plus un départ pour un pélerinage que pour une rando dans la jungle. Nous demandons quand même. Le chauffeur ne sait pas où va sa "cargaison". Normal pour un chaufeur non? En tout cas ce n'est pas notre transport.
Nous attendons encore et encore. Quelques personnes nous rejoignent. Il est maintenant 7h, il fait chaud et c'est l'heure de la grass'mat. Arrive un type tout maigre. Apparemment c'est l'organisateur. Cool, enfin! On va pouvoir aller dormir assis. On s'installe dans le maxi et... on attend. Quoi, quoi? Le mystère demeure entier. Nous ne démarrons enfin que 20 mn plus tard, après avoir bien profité de tous les effets sauna-tique du maxi. Il est 7h30, la journée s'annonce chaude. Après quelques mn de route nous nous arrêtons. Encore? Pause pipi! Bon l'aventure commence vraiment à partir de ... maintenant. Nous prenons la même route que pour aller à la Blanchisseuse. Souvenez-vous: dans la jungle une route sinueuse et pleine de trous. Le bonheur pour certains estomacs. Nous passons le croisement qui indique la blanchisseuse et bifurquons direction Madamas. Tiens, la route est encore plus pourrie ici. Pour que vous vous rendiez bien compte, une petite vidéo. Nous tenons à préciser que nous n'avons ni inventé ni amplifié les mouvements.
Nous arrivons enfin. Tous le monde sort du maxi, qui en profite pour repartir, nous abandonnant dans un "village" de 3 maisons. C'est parti pour l'aventure. Pour commencer, c'est tranquille nous marchons sur la route. Nous n'allons pas tarder à prendre un petit chemin et nous enfoncer dans la brousse. Ah en fait non. De la route, toujours de la route. Le guide nous détaille la conduite à tenir en cas de face à face avec un serpent ( apparemment il y en a beaucoup). Pour les éviter, marcher au milieu de la route. Il se met à pleuvoir. Bien que la pluie s'arrête, les vêtements resteront humides. Peu à peu le chemin se transforme: d'asphalte à trous il passe à chemin de terre boueux. Ca commence à devenir plus marrant. Le but du jeu étant d'éviter la boue et de ne pas y laisser de chaussures. Bien qu'il ait plu, il n'y a pas trop de flaques et le chemin reste praticable pour les voitures. Nous croisons quelques cours d'eau et nous faisons bien attention à ne pas nous mouiller les pieds ( déjà que la couleur des chaussures commence à tendre vers le marron...). Nous nous arrêtons à un mini cascade pour remplir nos bouteilles ( très important pour la suite). Au bout d'une heure trente ( peut être), nous arrivons dans un cul de sac. La seule solution qui s'offre à nous est une pente à 95% qui semble uniquement constituée de boue. Perplexité du groupe.
Et là, super guide sort sa machette et commence à se frayer un chemin au milieu de la végétation. Koh Lanta commence. Il n'y a pas de vrai chemin, nos jambes se font frôler par des plantes inconnues, nous nous attendons à voir surgir à tout instant un animal mutant, un cannibale, un homme des cavernes qui se serait perdu... Un cri. C'est Mélanie. Un deuxième cri. Nini. La première a cru voir une araignée sortir d'un cocon géant. La deuxième s'est faite piquer, mais ne sait pas par quoi.
Après la jungle, la forêt: racines, feuilles, boue glissante... Avec forcément que des
montées et descentes à 80%.
C'est alors que nous découvrons machette-man. Jusque là il s'était fait discret. Sauf qu'il n'a pu résister à l'appel de la boue, et le voilà qui glisse machette en avant pour dévaler les pentes. Dangereux? Pensez-vous, il ne manque que d'embrocher quelques personnes au passage. Une broutille. Il propose même à nini de l'aider. Tendant une main d'un côté et une machette de l'autre. Nini, pour avoir la vie sauve, préféra se débrouiller toute seule.
Après une descente de malade, nous arrivons à une rivière. Pour ceux qui jusque là avait réussi à ne pas mouiller leur chaussures...le programme suivant est de remonter la rivière jusqu'à la cascade. Enjoy it! Ca va, il fait chaud, le décor est vraiment joli donc tout va bien.
Ca y'est la voilà, la cascade pour laquelle on a fait plus de 3h30 de marche. C'est ça? :s
Bon ok, c'est pas la vraie chute d'eau. Mais limite c'est pareil.
Bon pour la photo, le soleil a daigné se montrer et du coup on a sorti les sourires, mais en vrai la pause cascade c'était pluie, moustiques (14 piqures sur une jambes pour Anaïs), froid. Bref le dernier truc dont on avait envie c'était de refaire tout le chemin en sens inverse. Sauf que le guide tshirt bleu-chaussettes rouges ne nous laisse pas le choix. On redescend la rivière en grelottant. On arrive à l'endroit où il faut remonter dans la forêt. Le temps de vider nos chaussures des graviers qui veulent passer la jungle en clandestins et la moitié du groupe a déjà disparu.
On commence à grimper et il se met à pleuvoir. Pas une petite pluie comme en normandie, non non, une vraie pluie des Caraïbes, avec des gouttes grosses comme le poing. On se retourne, les guides qui restent derrière nous disent qu'ils ne vont plus avancer parce qu'il pleut. On n'a toujours pas compris pourquoi. Toujours est-il que nous, on est lancées et surtout on n'a pas envie d'attendre éternellement sous la pluie, on leur dit qu'on continue. Voilà donc vos deux narratrices toutes seules, en pleine jungle, sans chemin balisé, se débattant avec le sol qui glisse et les racines qui en fait ne tiennent à rien. Quelques légères hésitations du côté de Nini: "t'es sûre que c'est le bon chemin" "ptet qu'ils en ont pris un autre"."Mais non t'inquietes, je reconnais l'arbre" :D Puis à un moment, surgissant de nulle part apparu un Other, qui nous ayant dit que nous étions sur le bon chemin disparu aussitôt. Tel Jake et Kate nous poursuivons notre "chemin". La pluie continue de faire rage et nous pouvons boire à même notre visage ( très pratique). Comme nous avons toujours une pensée pour nos fidèles lecteurs, nous tentons de faire une photos qui reflèterait bien notre aventure. Sortir l'appareil, en essayant de ne pas le mouiller se révélera totalement impossible. Toutefois, voici la seule photo que nous ayons de nous en pleine jungle sous la pluie. Essayer de faire fi des grosses gouttes de pluie sur l'objectif et observez attentivement: ce n'est pas un montage , Nini est vraiment trempée:p.
Arrive le passage critique de la jungle. On ne voit pas nos pieds, avantage : on verra pas les serpents, désavantage: on risque de leur marcher dessus.
Au sortir de la jungle, nous retrouvons un être vivant: un autre machette-man. Il nous dit d'aller nous abriter avec les autres sous un abri de voiture ( en plein milieu de nulle part??). Nous les rejoignons puis attendons le reste du groupe, à savoir les guides. Au bout de 20 mn ras le bol, on repart, au pire il nous rattraperons. Nous découvrons alors que le chemin de boue s'est transformé en rigoles de boue. Cette fois, plus question de faire attention à nos chaussures, on avance. Malgré la pluie diluvienne, c'est sympa, nous randonnons le cœur joyeux. Tellement motivées que nous prenons même la tête. Sur la route, nous croisons des crabes que Patrice imagine très bien dans son assiette. Plus ça va et plus les rigoles de pluie et de boue grossissent.
Vous vous souvenez de la mini cascade? Hé bien on y arrive et surprise,
ce n'est plus une mini cascade mais un torrent de boue qui dévale la
montagne à vive allure. Pas question de traverser. On se pose et on
attend. En plus c'est l'heure du goûter ça tombe bien. On se fait
rejoindre par le reste des frenchies et d'autres people du groupe.
Toujours pas de guides en vue. Comment va t-on pouvoir traverser? pas
de gros tronc d'arbres à l'horizon et les cordes se trouvent...dans les
sacs des guides. Petit moment de coup de gueule sur l'incompétence des
guides: ils ont bien pensé à emmener des talkies qu'ils se sont
répartis entre eux, seulement l'intérêt est réduit lorsque ce sont eux
tous qui manquent à l'appel. Au bout d'un moment Anaïs ( ou Hans, à ce
niveau on ne sait plus très bien) décide qu'il y en a marre et se lance
dans la rivière (toujours avec précaution^^). Il s'avère qu'en fait le
torrent est traversable.
Après avoir fait passer tout le monde, nous repartons donc d'un pas léger, toujours sans guide. Nous nous retrouvons une fois de plus devant aux côté de Mélanie, Patrice et 2 autochtones. Nous distançons du reste de groupe. Puis un miracle... Dieu ne nous a pas abandonné...un pick up. A 5 dans la position de l'auto stoppeur, ils n'avaient pas le choix. Ils nous embarquent et nous découvrons, assis à coté d'un régiment de bananes, qu'ils nous restaient encore pas mal de route.
Ils nous déposent au "village". Heureusement, dans les 3 maisons, il y'a un bar. Nous nous posons. Nous sommes trempés, il fait "froid" et l'attente promet d'être longue. Nous sortons les gâteaux qui nous restent. Enlevage des chaussures et des chaussettes. Ces dernières ont également changé de couleur. Comme nos pieds, qui sont blancs fripés et qui refusent de plier les orteils. D'ailleurs l'ongle d'un des orteils de nini menace furieusement d'aller faire sa vie ailleurs. Anaïs en profite également pour évaluer les dégâts: 5cm d'eau au fond du sac. Seul chose non mouillée, le paquet de biscuit à la noix de coco( déjà ouvert !!). Les brownies(paquet fermés n'ont pas eu cette chance. L'appareil photo, pourtant emballé dans un sac plastique non plus: les piles et la carte sd sont trempées. Du côté de Nini, le portable que les voisins nous ont prêté fait franchement la gueule.
Nous sommes peu à peu rejoints par le reste du groupe ( les guides comptant pour du beurre^^). Nous faisons connaissances ( pas vraiment eu le choix en vrai) avec l'alcoolique du coin. Très sympathique mais plus que collant. Il ne veut pas lâcher Mélanie et tente de tuer Anthony en lui faisant boire 2 verres d'alcool pur ( version les bronzés font du ski). Il ne mourra pas mais restera joyeux pour le reste de la soirée. 2 heures plus tard les guides font enfin leur apparition. Aucune explication sur leur retard. Nous remontons dans le taxi. L'alcoolique nous dit au revoir une 20aine de fois et nous demande quand nous reviendrons ( on a cru qu'il allait finir par monter avec nous). Nous voilà reparti, de nuit, sur la petite route de montagne.
De cette journée épique, plusieurs choses:
Tout d'abord un mystère: en montant dans le pick up nous avons laissé un gars qui préférait attendre les autres en marchant. Quand Tony et gaelle sont arrivés 45mn après nous, ils nous ont affirmé ne pas l'avoir vu. Cependant le couple arrivé quelques minutes après eux l'avait vu. Etrange.
Ensuite un bilan: changement de couleur pour nos chaussures:
A droite celles d'Anaïs, bleues claires de base. Gauche, nini, gris clair. Ca fait un style.
Ensuite, il semblerait que la pluie ait lavé notre beau bronzage.
Bilan: le décès de leur portable à annoncer au voisin, un appareil photo qui va désormais servir... à pas grand chose, un genoux en piteux état pour Anaïs et des courbatures de folie pour toutes les deux.
Quand est-ce qu'on en refait une?????????
( Helen nous a annoncé ce matin que suite à une rando hier, 38 personnes étaient portées disparues, on a quand même eu du bol!)
Après avoir regardé les photos des canadiens faisant de l'accrobranche, on se dit que FRANCHEMENT les mecs de l'imac sont vraiment des tapettes ! Les vrais mecs c'est nous !!
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